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auteursTV fait une pause !

Cet entretien avec Emmanuel Adely m’a passionné. Il est à rapprocher de celui de Marie-Hélène Lafon, Arno Bertina ou François Bon. Pour autant, il ne s’agit pas là d’un portrait et je ne crois pas que l’on puisse se faire une idée de ce qu’écrit Emmanuel Adely à travers cette vidéo : pour tenir dans les vingt minutes, je n’ai gardé que ce qui concernait notre discussion autour de la langue qui, je me répète, est passionnante.

En plus de romans, Emmanuel Adely écrit pour inventaire / invention

Rectification : dans la vidéo, il s'agit d'Edouard Levé et non Georges Levet comme il a été écrit par erreur





Et aussi : l'article très complet de Sylvie sur Mad about the boy


2 commentaires

  1. gmc // 25 février 2008 11:49  

    L'ECRITURE DES GALERES

    Sur les galères de l'empire, des forçats disciplinés suent le sang dans des voyages anecdotiques pour le seul plaisir de brasser de leurs rames l'écume rose des mers non boréales. Le soir, à la veillée, le scribe du bord raconte ses dénombrements d'amphores à ses codétenus, justifiant son classique privilège par la recherche utilitaire de la clef de la soute à charbon. Interface entre le réel et les gens du bord - un peu comme si ces gens n'en faisaient pas partie -, il faribole sentencieusement en énonçant la grandiloquence et la pompe de concepts inventés tels que la maîtrise absolu du climat et le sens véritable des mots abscons qui dressent leurs ergots de seigle sur l'évanescence de ses discours. Les galériens l'écoutent prodigieusement, ses inventaires de points-virgules et de vérités insipides, tout comme ses désirs illusoires de pureté pour les putains de la rade, ayant le don de faire oublier l'espace d'un court instant la morsure du sel, les lacération du fouet et la dose d'efforts inutiles produite quotidiennement pour flotter. Enchaînés dans leur vocabulaire de sciure, certains peuvent croire que le scribe vole avec ses ailes de marbre et son chargement de porte-container qui n'a pas découvert le vol à voile mais la mer ne rejette que des papillons et des fleurs sur les bassins de radoub et les quais de fortune.

  2. sylvie // 14 avril 2008 09:37  

    Cette vidéo éclaire un peu la lectrice qui a pris "Mad about the boy" à la bibliothèque un peu par hasard et beaucoup par curiosité. J'ai été surprise par la forme de ce texte sans début ni fin et écrit comme on pense ou comme on parle.Il me semble que cet instantané de monologue intérieur montre une narratrice qui oublie de respirer.